C’est devenu en France au cours des années un évènement majeur de la vie culturelle locale. Chaque année de nouvelles villes organisent leur nuit du modèle vivant, et les plus anciennes doivent organiser plusieurs sessions pour permettre à tous de pouvoir y participer.
La nuit du modèle vivant rend la pratique du dessin de modèle vivant accessible à tous et à toutes, débutants, initiés et professionnels, sans restriction d’âge (certaines villes demandent aux mineurs d’être accompagnés d’un adulte), dans une ambiance conviviale et artistique.
Elle a lieu le plus souvent dans le cadre magique de musées, de 19h à minuit (les horaires peuvent changer) et est ouverte à tout le monde. Le billet d’entrée peut être gratuit, mais ne dépasse pas généralement 10 euros afin de rester accessible aux jeunes et aux étudiants.
Cet évènement est organisé par des écoles d’art, associations, centres culturels ou maisons des jeunes et de la culture en partenariat avec des municipalités qui leur mettent à disposition le plus souvent un musée pouvant accueillir des centaines de participants. Parfois cet évènement se déroule dans des lieux insolites, comme à Boulogne sur mer qui l’a organisé à la piscine municipale avec des modèles qui étaient autorisés à poser exceptionnellement sans maillot !
Chaque dessinateur peut arriver et partir à l’heure qu’il/elle souhaite, doit amener son matériel (techniques sèches uniquement, pas d’eau), et prévoir aussi un siège pliable ou un coussin, car les places assises sont limitées.
Un service de restauration sur place est généralement prévu.
Les photographies et vidéos sont interdites, seul un photographe officiel est présent pour couvrir l’évènement.
L’entrée se fait uniquement sur réservation en ligne, les premiers inscrits seront sûrs d’avoir leur place car elles sont limitées et vite réservées, tant pis pour les retardataires.
De nombreuses villes en France en collaboration avec des écoles d’art l’organisent, Toulouse au Muséum d’Histoire Naturelle avec 600 dessinateurs, Angers au musée des Beaux-Arts, Lille au palais des Beaux-Arts, Roubaix au lieu dit La Piscine avec 570 participants, Caen au Musée des Beaux-Arts, Hazebrouck au Musée des Augustins, Gap au muséum, Douai au Musée La Chartreuse, Cambrai au Musée de Beaux-arts, Boulogne sur mer à la piscine (première nuit en 2024), Paris avec la nuit blanche du modèle vivant de l’académie de la grande chaumière ainsi qu’au Musée d’Orsay avec des peintres...
L’événement s’étendit sur tout un week-end avec ateliers, conférence et modèles vivants. Un succès populaire avec des places vendues en trois jours. L’accès aux ateliers fut facilité par des prix abordables.
Depuis sa création, l’événement a pris du galon. La Nocturne du Modèle Vivant, ce n’est plus une soirée unique, mais un week-end entier pour les artistes et les familles. Ce n’est plus seulement une séance, mais un programme complet avec ateliers multiples et conférence.
Et pour l’occasion, le public a répondu plus que présent : "Les 600 places pour les Nocturnes se sont écoulées en trois jours et tous les ateliers affichent complets", se ravit Audrey Bourdin, l’une des organisatrices. Si ce qui plaît, c’est d’abord la rareté de ce type de manifestation, c’est également ses petits prix : "Aujourd’hui, de moins en moins de monde peut se permettre de prendre des cours de dessin de modèle vivant parce que ça coûte très cher, indique l’organisatrice. Il faut payer le prof, le modèle et c’est un budget qui reste considérable". C’est pourquoi les Nocturnes veulent rester accessibles aussi bien aux étudiants en art qu’aux artistes professionnels. Face aux dessinateurs, neuf modèles vivants, nus, ont pris des poses de 30 secondes à 25 minutes. Chacun avec son univers, ses propositions, mais tous artistes : danseurs, comédiens ou circassiens. "Les modèles sont très variés, il y a tous types de corps, c’était important pour nous qu’ils soient représentatifs de notre société", explique Audrey Bourdin. Le samedi en journée, les enfants et familles, qui ont déjà leurs places, se sont initiés au dessin à travers deux ateliers. Enfin, une rencontre avec Charlène Letenneur, dessinatrice naturaliste et scientifique, s’est faite en entrée libre et gratuite.